Les techniques de laboratoire

Dans le processus d’AMP, le rôle du laboratoire est fondamental.
Grâce à des techniques performantes, il va permettre la rencontre des ovocytes avec les spermatozoïdes pour former des embryons, puis il va assurer le développement optimal de ces embryons pendant quelques jours en dehors du corps humain.
L’objectif est de sélectionner les embryons ayant la capacité de s’implanter dans l’utérus, en vue de leur transfert et/ou de leur congélation.


La recherche des ovocytes

Le jour de la ponction, le biologiste analyse les liquides folliculaires à la recherche des ovocytes. Après une stimulation ovarienne pour FIV, il est classique de recueillir entre 5 et 10 ovocytes.


La préparation des spermatozoïdes

Après le recueil du sperme, les spermatozoïdes sont préparés au laboratoire en vue de leur dépôt dans l’utérus (insémination intra-utérine) ou leur mise en fécondation avec les ovocytes, par FIV classique ou par micro-injection (ICSI).


La fécondation par FIV classique

Dans le cas d’une FIV classique, les spermatozoïdes sont déposés au contact des ovocytes dans une boîte contenant un milieu de culture, laissant le processus de fécondation se dérouler sans intervention extérieure.


La fécondation par micro-injection (ICSI)

La FIV avec micro-injection (ICSI = intracytoplasmic sperm injection) consiste à réaliser la fécondation en introduisant un spermatozoïde dans chaque ovocyte mature, sous contrôle d’un microscope. Cette technique s’adresse principalement aux infertilités d’origine masculine (anomalie du spermogramme).


La fécondation par IMSI

La technique d’IMSI consiste à réaliser une ICSI avec une sélection des spermatozoïdes à plus fort grossissement.


La culture embryonnaire

Après la mise en fécondation des ovocytes avec les spermatozoïdes, environ 60% des ovocytes seront fécondés.
Le tout premier stade de développement de l’embryon est appelé zygote. Ce stade est observé le lendemain de la ponction (Jour 1)

La culture des embryons va se poursuivre entre 2 et 6 jours au laboratoire, avant leur transfert dans l’utérus et/ou leur congélation.
Les embryons se développent dans un milieu de culture approprié, dans l’atmosphère contrôlée d’un incubateur.
Certains laboratoires sont équipés d’incubateurs dotés de caméras qui filment en continu le développement de l’embryon (Système Time-Lapse).

Pendant les 3 premiers jours de culture l’embryon est qualifié d’embryon clivé ou embryon précoce. On compte facilement le nombre de cellules.
A partir du 4ème jour, l’embryon s’organise en morula puis atteint le stade blastocyste entre le 5ème et le 6ème jour de culture.

Il est normal que seulement 40% des embryons précoces atteignent le stade blastocyste. Il peut arriver qu’aucun embryon atteigne ce stade.
Les arrêts de développement s’expliquent par des anomalies gamétiques (ovocyte ou spermatozoïde à partir desquels l’embryon s’est formé) ou embryonnaires.

Certains incubateurs sont dotés d’un système d’enregistrement d’images en continu par le biais de caméras équipant chaque chambre d’incubation. Ces systèmes de culture Time Lapse permettent de prendre en compte la cinétique de division des embryons en plus de leur aspect.

Les 5 premiers jours du développement de l’embryon au laboratoire

Des classifications basées sur la morphologie des embryons sont utilisées pour choisir les embryons au meilleur potentiel évolutif.

** Les embryons précoces sont classés en fonction du nombre de cellules (appelées blastomères), de la taille des blastomères et du pourcentage de fragments (débris cellulaires occupant tout ou partie de la surface de l’embryon et généralement corrélé avec une évolution défavorable). 2 types de classifications sont utilisées

la classification des BLEFCO

  • 1er chiffre = nombre de blastomères
  • 2ème chiffre = taille des blastomères appropriée (1) ou inappropriée (2)
  • 3ème chiffre = pourcentage de fragments : 1. < 10% / 2. 10-50% / 3. > 50% de la surface de l’embryon

la classification d’ISTANBUL  : la classification diffère de celle des BLEFCO par le pourcentage de fragments

  • 3ème chiffre = pourcentage de fragments : 1. <10% / 2. 10-25% / 3. >25% de la surface de l’embryon

** Les embryons au stade blastocyste sont classés selon la classification de Garner et Schoolcraft en fonction :

  1. du degré d’expansion du blastocyste (volume de l’embryon qui s’apprécie indirectement par l’épaisseur de sa coque, la zone pellucide)
  • B1 : blastocyste non expansé, dont la cavité liquidienne (blastocèle) représente moins de 50% du volume de l’embryon
  • B2 : blastocyste non expansé dont le blastocèle représente plus de 50% du volume de l’embryon
  • B3 : blastocyste en cours d’expansion dont le blastocèle représente plus de 50% du volume de l’embryon
  • B4 : blastocyste expansé dont le blastocèle occupe la totalité du volume de l’embryon
  • B5 : blastocyste en cours d’éclosion
  • B6 : blastocyste éclos
  1. du nombre de cellules au niveau de la masse cellulaire interne (MCI) et du trophectoderme (structure interne du blastocyste)
  • A : les cellules composant la MCI et le trophectoderme sont nombreuses et bien organisées
  • B : les cellules composant la MCI et le trophectoderme sont moins nombreuses et moins bien organisées
  • C : les cellules composant la MCI et le trophectoderme sont rares et mal organisées

Le transfert embryonnaire

Les embryons obtenus après fécondation in vitro peuvent être transférés dans l’utérus à tous les stades de leur développement. Le plus souvent, un ou deux embryons sont transférés à J3 ou à J5 après la ponction.


La congélation ovocytaire

Grâce aux techniques de vitrification, les ovocytes peuvent être congelés dans le cadre de la préservation de la fertilité ou en cas de trop forte réponse au traitement de stimulation.


La congélation embryonnaire

Les embryons ayant un développement favorable et qui n’ont pas été transférés peuvent être congelés en vue d’un transfert lors d’un cycle ultérieur. La technique de vitrification permet de récupérer les embryons intacts dans 95% des cas après leur décongélation.


La biopsie embryonnaire

La biopsie embryonnaire se réalise dans le cadre particulier d’une FIV avec diagnostic pré-implantatoire. Elle consiste à prélever quelques cellules sur l’embryon en vue de son analyse génétique.